

Championne du monde de l’innovation, mais confrontée à un déficit de financement
21.09.2026
D'un coup d'oeil
- Les scale-up sont un moteur central de la capacité d’innovation de la Suisse.
- Le nouveau Swiss Scale-Up Report montre que le principal défi réside dans le financement de la croissance. Une fois passé le financement de départ, les capitaux suisses jouent un rôle de plus en plus limité lors des levées de fonds ultérieures.
- Pour qu’une plus grande part de la création de valeur générée par l’innovation reste dans notre pays, il faut davantage de capitaux de croissance suisses.
La Suisse compte parmi les économies les plus innovantes du monde. Elle occupe depuis plusieurs années la première place du Global Innovation Index. Sa capacité d’innovation est particulièrement forte dans quelques clusters à très forte concentration. Rapporté au nombre d’habitants, Zurich figure parmi les pôles d’innovation les plus performants à l’échelle mondiale. Les villes de Lausanne, Bâle et Genève contribuent elles aussi largement à la position de pointe de la Suisse dans le domaine technologique (cf. notre dossier La Suisse a besoin de talents internationaux).
Les scale-up constituent l’un des principaux moteurs de cette dynamique. Ces jeunes entreprises en forte croissance transforment les résultats de la recherche en produits commercialisables, créent des emplois hautement qualifiés et conquièrent les marchés internationaux. Selon le Swiss Scale-Up Report 2026 publié récemment, les 265 scale-up suisses recensées représentent une valeur totale estimée à quelque 26,6 milliards de francs. Ces entreprises sont fortement axées sur la recherche : 64 % relèvent de la deep tech et 43 % sont issues de hautes écoles suisses, notamment de l’EPFZ et de l’EPFL. Selon les estimations, elles représentent quelque 18 000 emplois à plein temps dans le domaine de la recherche et du développement.
Manque de grands investisseurs suisses pour financer la croissance
Les chiffres mettent toutefois aussi en évidence un défi de taille : si la Suisse excelle dans l’innovation, elle peine à financer suffisamment ses entreprises les plus performantes durant leur phase de croissance. Alors qu’entre 2019 et 2022, environ 27 % des capitaux de croissance provenaient encore d’investisseurs suisses, cette proportion est tombée à 13 % en 2025. Les investisseurs internationaux sont un moteur essentiel de la réussite de ces entreprises. Ils apportent des capitaux, du savoir-faire et un accès aux réseaux mondiaux. Mais plus la croissance est financée par des capitaux étrangers, plus la part de la création de valeur générée à long terme échappe à la Suisse.
Pour un petit pays fortement interconnecté à l’échelle internationale, les marchés mondiaux et les investisseurs internationaux restent incontournables. Il convient néanmoins de se demander comment la Suisse pourra, à l’avenir, profiter davantage du succès économique de ses entreprises les plus innovantes. Le rapport met notamment en lumière le manque de grands investisseurs suisses en capital-croissance capables de mener des levées de fonds de 50 à 100 millions de francs. Par ailleurs, près des trois quarts des scale-up interrogées souhaitent que les caisses de pension puissent accéder plus facilement aux fonds de capital-risque.
Le véritable défi de la Suisse réside dans la montée en puissance (scale-up). Or, une croissance rapide nécessite des capitaux. Si l’on parvient à mobiliser davantage de capitaux helvétiques pour ces entreprises en croissance, elles pourront se développer depuis la Suisse. Sinon, une part toujours plus importante de la création de valeur issue de notre recherche de pointe helvétique s’expatriera à l’étranger. Au détriment de notre place économique suisse.
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