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« L'évolution économique dans la périphérie de l’UE est beaucoup plus dynamique »

Rudolf Minsch

Notre vision faussée de l’évolution économique de l’UE

19.02.2026

D'un coup d'oeil

  • La Suisse a une perception faussée de l’évolution économique au sein de l’UE
  • Ce sont nos pays voisins qui ont connu un développement économique faible
  • D’autres pays, comme le Danemark, la Pologne ou l’Espagne, montrent que la croissance est également possible au sein de l’UE

L’UE enregistre une croissance bien inférieure à la moyenne. Par rapport aux États-Unis notamment, l’évolution économique de l’UE est catastrophique. Des déclarations dans ce sens sont relativement fréquentes dans les médias suisses. La conclusion qui en est tirée est aussi très répandue : l’UE serait responsable des mauvaises performances des pays européens. Mais si on y regarde de plus près, il apparaît que la perception de la Suisse est faussée. Si l’on considère l’évolution économique des trois dernières années, on voit que l’évolution du PIB varie fortement d’un pays de l’UE à un autre.

Le graphique montre la croissance du PIB entre le premier trimestre 2022 et le quatrième trimestre 2025. On comprend alors pourquoi la Suisse a cette vision de l’UE: ce sont nos pays voisins qui ont enregistré une faible évolution économique. Si l’économie française a tout de même progressé de quelque 4,5% au total (en termes réels, aux prix de 2015) au cours de ces trois années, l’Italie n’atteint que 3,5%. En Allemagne, l’évolution a été tout à fait désastreuse, avec une croissance négative (-1%) ces trois dernières années!

Or un quart environ des exportations suisses sont destinées à l’Allemagne, à l’Italie et à la France. Il est évident que la faible croissance économique de nos voisins pèse sur les exportations suisses. Cela dit, il y a aussi des exemples positifs au sein de l’UE: l’évolution économique dans la périphérie de l’UE est beaucoup plus dynamique. Au cours des trois dernières années, la croissance réelle de la Pologne avoisinait 6%, celle du Portugal approchait 9%, tandis que le Danemark a dépassé 10% et l’Espagne même 11%. Tous les pays de l’UE ne sont donc pas dans une mauvaise passe économique, loin de là.

Thomas Mann parlerait sans doute de pays «anémiques». Dans le Montagne magique, c’est le qualificatif qu’employait le médecin pour décrire l’état de santé de ses patients. Comme s’ils manquaient de sang. La croissance anémique de nos voisins pèse sur l’économie suisse. Dès lors, il faut espérer que l’Italie, la France et l’Allemagne reprendront rapidement du poil de la bête. Car d’autres pays, comme le Danemark, la Pologne ou l’Espagne, montrent que la croissance est également possible au sein de l’UE.

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