

« Plus la fermeture du détroit d’Ormuz se prolonge, plus les prix de l’énergie augmenteront et, avec eux, l’inflation générale »
Rudolf Minsch
Inflation: la menace est de retour
25.03.2026
D'un coup d'oeil
- Le pétrole reste un moteur important de l’inflation: la hausse des prix du pétrole renchérit l’ensemble de l’approvisionnement énergétique
- Le renchérissement affecte toute la chaîne de valeur: la hausse des coûts de l’énergie et des transports se répercute sur les matières premières, les produits industriels et, enfin, les denrées alimentaires
- Si la fermeture du détroit d’Ormuz se prolonge, cela accroîtra le risque d’une nouvelle poussée inflationniste
La guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran ont fait grimper en flèche les prix du pétrole. Pourquoi le prix du pétrole continue-t-il d’attiser le renchérissement général, alors que de plus en plus de maisons sont chauffées grâce à des pompes à chaleur et que de plus en plus de véhicules sont électriques?
Le pétrole reste la graisse qui lubrifie les rouages de l’économie mondiale. En Suisse, les produits pétroliers représentent près de 50% de la demande totale d’énergie finale, toutes sources d’énergie confondues. La tendance est certes à la baisse, mais la proportion reste élevée avec 45,7% (2024). Ensuite, les prix du gaz, qui représente une part de 12,3%, sont étroitement liés à ceux du pétrole. Ainsi, si les prix du gaz augmentent, ceux de l’électricité suivent. L’électricité représente pour sa part 26,7% de la demande finale d’énergie. Dès lors, la hausse des prix du pétrole entraîne, à plus ou moins long terme, une hausse générale des prix de l’énergie, quelle que soit la source d’énergie.
Mais les effets d’une hausse des prix du pétrole ne se limitent toutefois pas aux prix de l’énergie. Logiquement, une telle hausse renchérit les coûts du transport, mais pas seulement: sachant que l’énergie participe à la production de presque tous les biens et services, le prix des matières premières, de A comme aluminium à Z comme zirconium, augmente. Cela renchérit à son tour les coûts de production des machines, des textiles ou des voitures. Enfin, le prix du pétrole influe également sur le prix des denrées alimentaires.
Le graphique ci-après montre la forte corrélation entre les prix des denrées alimentaires et ceux du pétrole. Au-delà de la hausse des prix de l’énergie, c’est surtout l’utilisation d’engrais qui joue un rôle important dans la production agricole. Les prix du phosphore, un engrais important, sont en effet très sensibles à la hausse des coûts de l’énergie, car le phosphore est souvent obtenu en utilisant des énergies fossiles.
Les pays pauvres sont beaucoup plus affectés par la hausse des prix des denrées alimentaires que des pays riches comme la Suisse, car la part du budget consacrée par les consommateurs à l’alimentation est beaucoup plus élevée dans les sociétés pauvres.
Si le détroit d’Ormuz reste fermé longtemps, c’est un cinquième environ de l’offre mondiale de pétrole qui est et restera bloquée. Plus la fermeture du détroit se prolongera, plus les prix de l’énergie augmenteront et plus l’inflation générale suivra. Il nous reste donc à espérer que le détroit d’Ormuz redeviendra bientôt praticable.
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