Corine Fiechter

« L’apprentissage dual est une formidable force de notre pays: il ouvre à chaque jeune la voie vers un métier et constitue l’une des clés du succès de la Suisse »

Corine Fiechter

Donnons à nos jeunes les outils pour réussir

04.09.2026

D'un coup d'oeil

  • Les 3 grandes faîtières économiques nationales ont sondé les entreprises pour savoir comment elles évaluaient les compétences fondamentales de leurs apprentis
  • Les formateurs constatent surtout un recul des compétences en maths et en écriture
  • Les trois quarts des 2900 entreprises ayant répondu au sondage ont déjà mis en place des mesures comme des cours de rattrapage ou d’appui pour soutenir leurs apprentis

La fin de l’été marque, pour des milliers de jeunes, le passage de l’école obligatoire à l’entrée dans l’apprentissage. Alors que différentes évaluations nationales et internationales des acquis scolaires font état d’un recul des compétences de base chez les élèves suisses, les trois faîtières économiques economiesuisse, l’Union suisse des arts et métiers et l’Union patronale suisse ont voulu savoir si les entreprises partageaient ce constat. Elles ont donc mené une grande enquête cet été, à laquelle ont répondu plus de 2900 responsables de formation.

Les résultats confirment ce que plusieurs enquêtes, notamment PISA 2022, documentent depuis 2012: les compétences fondamentales en lecture, écriture et mathématiques reculent chez les jeunes. Les lacunes constatées (surtout en écriture et en maths, de même que dans certaines compétences transversales) se font sentir très concrètement dans le quotidien des entreprises. Ces dernières font le plus souvent état d’un besoin accru d’encadrement et d’accompagnement, ainsi que de difficultés à recruter des apprentis disposant des compétences de base nécessaires. Elles relèvent également une autonomie moindre, ainsi qu’une multiplication des erreurs dans le travail quotidien.

Les trois quarts des entreprises ont mis en place des mesures spécifiques pour soutenir leurs apprentis – cours de rattrapage et d’appui, coaching, soutien renforcé. Un investissement en temps et en argent, qui témoigne de leur attachement au système de formation duale. Mais cela ne doit pas occulter un constat préoccupant: une entreprise sur cinq a indiqué recruter ou vouloir recruter moins d’apprentis à l’avenir en raison de la baisse des compétences de base, et des conséquences qui en découlent.

Ces constats doivent nous alerter. Mais plutôt qu’une fatalité, voyons-y une opportunité pour qu’école, cantons, entreprises et politique se mobilisent tous ensemble pour remettre les compétences fondamentales au centre de l’école obligatoire.

Car renforcer ces compétences, c’est renforcer la formation professionnelle. Les préserver, c’est veiller à ce que chaque jeune arrive en formation avec des bases solides.

L’apprentissage dual est une formidable force de notre pays: il ouvre à chaque jeune la voie vers un métier et constitue depuis toujours l’une des clés du succès de la Suisse. Donnons à nos jeunes les moyens de réussir leur entrée dans la vie active – et donnons à nos entreprises et à notre société tout entière les talents qualifiés dont elle aura besoin demain.

Cet article est paru le 4 septembre 2026 dans le journal « Le Nord Vaudois »

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