Un approvisionnement en énergie sûr et avantageux est récemment devenu le point de mire des milieux politiques et économiques. A l’instar des autres matières premières, les sources d’énergie sont très demandées ces dernières années et donc onéreuses. Contrairement à ce qui s’est produit lors de crises précédentes, provoquées par des hausses de prix, la demande d’énergie mondiale continue d’augmenter aujourd’hui. Aucune pénurie sérieuse n’est survenue pour l’instant. Mais l’objectif d’un approvisionnement énergétique suffisant, sûr et économique doit redevenir la priorité de la politique énergétique suisse.
Un avenir sans pannes
Des pénuries pour les énergies de réseau ou des pannes électriques ne représentent pas des perspectives d’avenir. Il faut continuer de viser des prix concurrentiels à l’échelle internationale. En ce qui concerne la protection du climat non plus, il ne faut pas accepter de revenir sur les succès remportés. Une politique énergétique déterminée et cohérente doit prendre le relais d’une politique qui a préconisé les moratoires ces quinze dernières années, car il est avéré que cette dernière est restée sans effet.
La Suisse peut dresser un bilan positif de sa politique environnementale. L’économie y a fortement contribué, en intégrant notamment la protection de l’environnement dans un grand nombre de domaines. Au lieu d’introduire de nouvelles mesures, il vaudrait mieux consolider les interventions étatiques existantes. Nous devons éviter que la Suisse fasse cavalier seul, qu’elle fasse des choix qui entraveraient la concurrence ou qu’il n’y ait un usage abusif du droit de l’environnement. Le cas échéant, il convient de rectifier le tir.
Dans le domaine de la protection du climat, la Suisse est sur le point de satisfaire les exigences de Kyoto. Pour la période après 2012 (« post-Kyoto »), il importe de définir des objectifs acceptables pour l’économie et en adéquation avec le potentiel de la Suisse en matière de réduction des gaz à effet de serre. La Suisse doit pouvoir participer au commerce de certificats CO2 et à des projets de protection du climat menés dans des pays en développement, qui sont bien moins onéreux. L’objectif doit être une politique de protection du climat davantage axée sur les besoins du marché que ne l’est l'actuelle loi sur le CO2.