Le sommet climatique de Copenhague s’est achevé le 19 décembre 2009 sans résultats tangibles. La stratégie européenne, qui consistait à mettre en avant son rôle de pionnier grâce à la conclusion d’un accord, a échoué. D’importantes industries européennes axées sur l’exportation réclament maintenant une politique climatique pragmatique qui ne menace pas la compétitivité de la place économique européenne. En raison de déficits record et d’une hausse de l’endettement public, les projets en vue du financement de mesures de protection du climat et de développement durable pourraient brusquement être abandonnés. Dans ces conditions, cela pourrait prendre des années avant qu’un consensus ne voie le jour dans le cadre de l’ONU.
La Suisse doit décider de l’orientation future de sa politique climatique. D’une part, le souverain doit se prononcer sur l’initiative climatique des organisations de protection de l’environnement. D’autre part, il faut trouver un moyen de revoir la loi sur le CO2 actuelle qui s’éteindra en 2012. En dépit de l’absence de consensus international sur la politique climatique future, economiesuisse soutient la poursuite de la stratégie climatique helvétique, couronnée de succès, et s’oppose donc à son abandon. Conformément à la décision du Conseil fédéral, la Suisse doit réduire ses émissions de 20 % d’ici à 2020. Autrement dit, la loi devra être soumise tout au plus à une révision partielle. L’objectif est de réduire les émissions de 14 % d’ici à 2014. Cette approche pragmatique donne au législateur le temps de transposer les évolutions internationales futures dans la législation nationale. En outre, cela accroît la sécurité des investissements pour la période après 2012, ce qui favorise le développement des investissements de l’économie dans la protection du climat.
Faire cavalier seul pénaliserait unilatéralement notre pays. La majeure partie du secteur industriel relève encore de la « old economy » classique qui déploie certes de grands efforts en matière de protection du climat, mais qui ne peut être transformée en un secteur neutre sur le plan climatique du jour au lendemain. Si on tient compte des activités situées en amont et en aval, ces industries classiques représentent plusieurs centaines de milliers d’emplois compétitifs à l’échelle internationale. Les mettre en péril et transférer les émissions de CO2 dans d’autres pays, ne bénéficierait ni au climat ni à notre économie. L’initiative climatique des organisations de protection de l’environnement doit être rejetée, car elle nuirait à l’économie.
Pour plus d’informations :
Dossier politique 29 "Copenhague : poursuivre une politique climatique à succès"
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