# 5 / 2017

Ingénieurs en Suisse: état des lieux

La pénurie de spécialistes est sur toutes les lèvres. L’indicateur publié par le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) pour évaluer la situation des spécialistes montre que le problème est le plus marqué dans l’ingénierie. Une vaste enquête menée par economiesuisse en collaboration avec l’association professionnelle Swiss Engineering propose pour la première fois un éclairage sur les causes de la situation actuelle en ce qui concerne la main-d’œuvre spécialisée dans l’ingénierie.

En collaboration avec:

Swiss Engineering

Lire le dossier
Temps de lecture
20 minutes
Lire le résumé
Temps de lecture
4 minutes

Contact et questions

Dan Spahr
Collaborateur scientifique économie générale et formation
Dr. Ensar Can
Collaborateur scientifique
Prof. Dr. Rudolf Minsch
Responsable suppléant de la direction, Resaponsable économie générale et formation et chef économiste

L’essentiel en bref

La pénurie de spécialistes est une réalité. Une récente publication du SECO montre que la pénurie d’ingénieurs est particulièrement marquée, encore plus que celle des cadres, des informaticiens et des professions de la santé. Ces dernières années, la demande d’ingénieurs a connu une augmentation. Grâce à la libre circulation des personnes, cette demande accrue pouvait être couverte avant tout par l’immigration. Des études montrent cependant que la situation est appelée à se détériorer sous l’effet de l’évolution démographique. À long terme, il manquera vraisemblablement quelque 50 000 ingénieurs en Suisse.

Les causes de cette pénurie sont multiples. L’enquête montre premièrement que l’offre insuffisante d’ingénieurs suisses constitue un facteur décisif. Deuxièmement, de nombreuses entreprises ne sont pas disposées ou en mesure d’embaucher des candidats qui ne correspondent pas parfaitement au profil recherché. Troisièmement, les qualités des demandeurs d’emploi ne correspondent souvent pas aux attentes des employeurs.

Seule une approche multidimensionnelle permet d’appréhender cette complexité. Outre la politique, les employeurs et les travailleurs ont également leur part de responsabilité.

Afin d’augmenter l’offre d’ingénieurs, en particulier de femmes ingénieures suisses, il convient d’une part d’engager des mesures politiques dans le domaine de la formation ainsi que des initiatives interentreprises. D’autre part, les entreprises peuvent contribuer à détendre la situation en mettant en place des mesures à l’interne. Enfin, il appartient aux salariés de s’adapter à l’évolution technologique permanente et de se perfectionner tout au long de leur vie.

Position d’economiesuisse

  • L’immigration reste nécessaire pour atténuer quelque peu une pénurie d’ingénieurs sévère. Le métier d’ingénieur doit être aménagé de manière à séduire davantage de femmes. Quant aux ingénieurs expérimentés, il faut les encourager à exercer leur métier jusqu’à la retraite et au-delà.
  • L’image professionnelle des ingénieurs doit être améliorée. Il importe de mieux sensibiliser l’opinion publique à l’importance de ce métier, à ses aspects créatifs et gratifiants, ainsi qu’aux responsabilités assumées.
  • Une solution permettant de remédier durablement à la pénurie de spécialistes ne pourra être trouvée que si toutes les parties tirent à la même corde. Les salariés et les employeurs doivent, eux aussi, assumer leur responsabilité.
  • Des mesures relevant de la politique de la formation sont indispensables pour renforcer les branches MINT. Dans ce contexte, la mise en œuvre du Plan d’études 21 est essentielle.